Description du projet

Des nids pour les
abeilles sauvages

Avec le couvert (ressources florales), le gîte (sites de nidification) représente un facteur prépondérant pour accueillir les abeilles sauvages dans votre jardin ! Ces dernières occupant des territoires assez réduits, le gîte et le couvert doivent se trouver à proximité l’un de l’autre.

Où nichent les abeilles sauvages ?

L’Osmie cornue, c’est un peu l’équivalent du moineau chez les abeilles. Elle peut occuper toutes sortes de cavités comme les interstices d’un vieux mur non rejointoyé.

Contrairement à l’Abeille mellifère (Apis mellifera) domestiquée par l’Homme, les abeilles sauvages n’occupent pas les ruches que l’on connaît bien. En effet, une grande majorité (près de 80%) des espèces niche dans le sol et chaque femelle y creuse « son terrier » pour y pondre ses œufs. Il est assez difficile d’aménager des endroits adéquats à l’échelle d’un jardin étant donné qu’elles utilisent une grande variété de types de sols avec couvert herbacé ou non mais il est bon de savoir qu’elles préfèrent des endroits ensoleillés et secs tels que des talus orientés au sud. Alors que certaines nidifient entre les racines des arbres là où le sol est dégagé, d’autres donnent l’impression de plonger dans l’herbe en se rendant dans leur terrier. Certaines abeilles peuvent aussi s’installer dans des terriers préexistants de mammifères ou dans les taupinières. Enfin, il arrive aussi que certaines espèces creusent entre les dalles d’une terrasse ou d’un trottoir si celles-ci ne sont pas rejointoyées et qu’un sable stabilisant se trouve par-dessous. Comment reconnaître ces nids ? Lors de l’émergence, les terriers sont reconnaissables parce qu’ils sont surmontés d’un petit monticule !

D’autres espèces nichent sur le sol (certains bourdons –Bombus sp. – font par exemple leurs nids sous une couche de mousse et quelques osmies – Osmia sp. – utilisent des coquilles vides d’escargots) ou hors sol. Ces dernières utilisent alors des cavités allongées dans lesquelles elles pondent leurs œufs : des tiges creuses de plantes séchées, des tiges à moelle (ex: branches cassées de sureau ou de ronce), des cavités creusées par d’autres insectes dans du bois mort, les interstices d’un vieux mur non rejointoyé ou une multitude d’objets plus surprenants les uns que les autres. Enfin, plusieurs espèces nichant hors sol peuvent aussi occuper ce que l’on nomme « hôtel à insectes ». Il est néanmoins important de prendre conscience que ces derniers n’offrent une possibilité de nicher qu’à une petite partie des abeilles sauvages de nos régions (+/- 5%), que les syrphes ne les utilisent pas et que quelques papillons peuvent éventuellement y hiverner (mais pas pondre leurs œufs). Ces hôtels à insectes sont donc limités en termes d’accueil de la faune pollinisatrice de nos jardins.

Un nid creusé dans le sol est facilement reconnaissable quand les larves qui y sont nées ont émergé. Ici un nid d’Andrène fauve.

Qu’est-ce qu’un bon hôtel à insectes ?

Un hôtel à insectes très simple et très efficace. Une petite bûche en bois dur percée de quelques trous ayant les bonnes caractéristiques et placée au soleil et le taux d’occupation est garanti !

Les hôtels à insectes sont généralement constitués d’un assemblage de tiges creuses ou à moelle et de morceaux de bois troués. On y ajoute parfois des briques trouées ou de petits torchis de terre.
Quelques règles de base :

  • Les matériaux utilisés doivent être de qualité afin qu’ils ne se dégradent trop vite et laissent les pontes à l’abri des intempéries. Les trous doivent pour cela être percés dans du bois suffisamment dur, le tout bénéficiant d’un toit qui les protégera de la pluie.
  • Le diamètre des trous forés et des tiges doit être compris entre 2 et 9 millimètres, ce qui permet l’installation de plusieurs espèces d’abeilles sauvages. La profondeur doit aussi être suffisante de sorte que l’abeille puisse former plusieurs cellules de nidification successives. Ainsi, pour les trous de diamètre supérieur à 6 mm, une profondeur de 12 à 15 cm est conseillée. En-deçà, 8 à 12 cm sont suffisants. Il est préférable de débarrasser les orifices d’entrées de leurs échardes.
  • Si on utilise des tiges creuses, toutes ces règles sont également valables mais il faut veiller à ce que la tige ne soit ouverte qu’à une de ses extrémités.

Il est, en outre, conseillé de réduire la surface de l’hôtel à maximum un mètre carré. En effet, la concentration de nids attire prédateurs et parasites et favorise la transmission des maladies. Dans la nature, les nids sont éparpillés. Plus il est petit, mieux c’est ! C’est donc pour cela qu’il est préférable d’en installer plusieurs petits, qu’un seul grand.

Où l’installer ?

Pour attirer les abeilles sauvages, les entrées des trous doivent être au soleil. Une installation en zone ensoleillée en orientant les entrées plein sud est donc essentielle. Une attention toute particulière sera aussi portée à la proximité des ressources florales (plus d’informations dans nos autres fiches conseils « friche fleurie »; «haie vive»; « parcelle monoflorale »; « plantes grimpantes »; « spirale de plantes aromatiques »; « semer une prairie fleurie»; «créer une jardinière »)
Comme elles utilisent des mélanges de terre et de tout petits cailloux pour colmater l’entrée après avoir pondu, la mise à disposition de ces matériaux à proximité des hôtels peut être bénéfique.

ICI – Un hôtel à insectes peu favorable. Pour l’améliorer il faudrait l’orienter autrement (ici vers le sud) et réduire sa taille en ne gardant que les matériaux adéquats (tiges creuses et bûches trouées)

Et l’entretien ?

La durée de vie d’un hôtel à insectes n’est pas infinie. Si les matériaux sont de qualité, il faut le nettoyer tous les 3-4 ans afin d’atténuer la prolifération de parasites et de moisissures. Pour ce faire et afin de laisser une chance aux résidants du moment (les trous peuvent être occupés toute l’année), l’hôtel peut être changé de place et laissé à l’ombre. Aucune abeille ne viendra ainsi occuper les lieux et les œufs pondus alors qu’il était au soleil auront une chance de se développer jusqu’à l’émergence d’adultes.
Il ne faut surtout pas rentrer l’hôtel à insectes dans son garage ou dans un abri quelconque en hiver, les températures plus clémentes de cet endroit risquant de provoquer l’émergence des abeilles alors que les températures extérieures sont trop basses et qu’aucune plante n’est encore en fleur.

Où s’en procurer ?

Un véritable commerce s’est développé autour de ces hôtels que l’on peut maintenant acheter à peu près n’importe où. Malheureusement, la grande majorité d’entre eux ne correspond pas aux critères énoncés ci-dessus. Ils ne serviront donc à rien une fois placés et, pire, pourront constituer des pièges en attirant des abeilles dont les larves ne verront jamais le jour car trop peu robustes pour résister aux intempéries. Il est donc préférable de les fabriquer soi-même.